Japon : vive la croissance tranquille

Je viens de lire le hors-série de Courrier International, un spécial POP JAPAN, que je vous recommande car c'est un éclairage très intéressant sur l'évolution de la culture japonaise.
Parmi tous les articles, mon attention s'est particulièrement arrêtée sur ceux de la page 64, "L'entraide fait son grand retour" et de la page 67, "Vive la croissance tranquille".


"Vive la croissance tranquille" : article écrit par Tatsuru UCHIDA, spécialiste de la philosophie française contemporaine et professeur au Kobe College.
Je vous en livre quelques extraits...

"L'année 2010 sera un tournant pour le Japon, car il entrera dans le "troisième âge". Comme il est très difficile d'enrayer la forte baisse de la natalité et le vieillissement de la population, la mobilité de la population ralentit et la consommation stagne. L'économie japonaise s'aventure ainsi dans un monde inconnu. Voilà pourquoi les économistes et les politiciens s'efforcent d'opérer un "retour en arrière". or celui-ci est désormais impossible. Nous n'arriverons plus à réaliser la même courbe de croissance, tout le monde l'a bien compris. Le Japon est en train de devenir un pays de vieillards, et l'insurmontable reste insurmontable. Il faut se débrouiller avec des ressources limitées et voir, dans ce cadre, comment maintenir un haut niveau de vie. Toutefois, ce n'est pas parce que la population diminue que l'Etat va voler en éclats. La baisse de la natalité n'est pas ici un "problème", mais plutôt une "clé".
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Le Japon doit désormais mener un "combat d'arrière-garde de qualité". Perdre ses capacités physiques et mentales en vieillissant n'est pas un malheur, même à l'échelle individuelle. Cela relève d'un processus naturel. Il conviendrait donc de mettre à profit cette situation et, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, de se donner pour objectif de bâtir une "nation des retraités sereins et dignes". Le Japon du futur doit être un pays en retrait, observant avec bienveillance une jeunesse avide et agitée, tout en lui prodiguant des conseils pleins de bon sens.
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Le pays est riche en ressources touristiques : belles montagnes, belles plages au sable blanc et aux pins noirs, sources thermales et stations de sports d'hiver. Ainsi, faire renaître la nature qui a été détruite par des travaux publics est une tâche primordiale pour sauver le pays.
Une autre réponse est le retour à la terre.
De nouvelles formes d'agriculture prennent naissance en divers endroits, à l'initiative de coopératives formées par des jeunes. Le choix de prendre comme base les communautés agricoles pour refonder les collectivités ne procède pas d'une logique économique, mais, selon moi, c'est une solution qui découle de nos instincts, proches de nos racines. Même la sylviculture, longtemps délaissée, attire aujourd'hui les jeunes. Si ces phénomènes traduisent le retour, dans la conscience des Japonais, d'une conception du travail qui portera ses fruits dans cent ou deux cents ans, nous ne pouvons que nous en réjouir."

A la lecture de cet article, je pense que le Japon peut encore nous étonner et donner une voie à suivre...
Je suis de celle et de ceux qui pensent que le travail de la terre, le retour aux essentiels, l'écoute de la Nature et de la nature en soi sont absolument à privilégier pour faire face à un monde virtuel, superficiel, fugace, qui déglingue bien des consciences.

Publié par Sophie Le Berre.

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